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Leibniz : La substance et ses prédicats

Ainsi donc tout ce qui advient dans le microcosme de la monade y advient de l’intérieur et spontanément selon ses propres lois, celles qui y ont été déposées de tout temps et depuis le commencement de son existence. Qu’une substance simple, une et « sans fenêtre », soit en mesure d’exprimer l’univers dans son infinie complexité, sans y être attachée par aucune autre chaîne que celle de l’harmonie, c’est là, Leibniz l’a dit dès le Discours, un « paradoxe considérable ». Mais il ne l’est pas plus que celui de « dire qu’une huître pense » ; et pourtant l’on voit maintenant qu’il en est bien ainsi et que la monade perçoit le monde, autant que l’huître le pense. Mais elle le pense comme une huître peut le penser, c’est-à-dire par des perceptions confuses et enveloppées, en proportion avec ses sens et son âme. En elle, pourtant, comme en toute âme ou en toute monade, on pourrait connaître la beauté de l’univers (…) si l’on pouvait déplier tous ses replis, qui ne se développent sensiblement qu’avec le temps. l en est de la monade et de l’huître, comme du système de Leibniz dont chaque concept, chaque thèse et chaque théorie est une monade qui exprime, ou représente, ou enveloppe, l’ensemble dans ses « plis ». Mais ces « plis », malgré les efforts continus, ne se déplieront « qu’avec le temps ». Comme le disait le philosophe lui-même des Eléments d’Euclide, on peut en faire copie sur copie, commentaire sur commentaire  ; chaque commentaire, telle la monade, reflétant le système et sa variation dans chaque autre commentaire, que tout cela ne viendra à l’épuiser. Il y restera toujours quelques plis et encore des plis que seul le temps se chargera progressivement de déplier.

Auteur : Amor Cherni

Informations

Dimensions 15 × 21 cm
ISBN

978-9938-53-023-0

Parution

2020

Pages

410

Genre

Philosophie

Langue

Français

Catégorie

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